Air Méditerranée, qui donne quelques sueurs froides aux TO engagés pour l’été, a bien passé l’hiver. Et plusieurs offres « sérieuses » sont en cours.

Antoine Ferretti, Pdg d’Air Méditerranée, se dit parfaitement serein pour l’avenir à court terme de sa compagnie, placée depuis le début de l’année sous la protection du tribunal de commerce.

Cette procédure permet à l’entreprise de ne pas régler ses dettes auprès de ses fournisseurs, consécutives à trois années (2011, 2012 et 2013) de pertes, soit environ 45 millions d’euros. Le Pdg s’était mis à la recherche de repreneurs. Les créanciers s’adressent désormais à l’administrateur désigné par le tribunal. Quatre à cinq offres « sérieuses » seraient en cours de formalisation et le dossier de reprise, désormais débarrassé des dettes, devrait être bouclé d’ici à l’été, selon la direction d’Air Méditerranée.

Côté exploitation, « on est sur des rails, même s’il faut résoudre des problèmes avec des fournisseurs après le dépôt de bilan », explique Antoine Ferretti, qui souligne le côté anachronique de la situation avec un exercice pour la première fois bénéficiaire depuis 2008, et un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros. « Des chiffres qui ont été audités », précise-t-il.

Très orienté Europe du Sud, le programme charter de l’été n’est pas menacé, à ce jour, par des événements géopolitiques. Tout juste, deux séries de vols ont été modifiées par la cessation de paiement de Donatello. Palerme a été arrêtée mais Olbia a été maintenue par Aeroviaggi, le repreneur de la clientèle de Donatello sur cet axe.Viser les niches, comme la ligne Bastia-Oujda cet été

« Le programme très solide d’affrètements compte les régulations classiques quand la clientèle n’est pas au rendez-vous de la destination. Ces vols charter représentent un peu plus de 50% de notre activité », estime le Pdg d’Air Med, qui complète son activité par des vols réguliers affinitaires essentiellement vers l’Algérie et le Maroc. « Ce sont des programmes où nous avons dépassé notre seuil de rentabilité. Ils sont nécessaires depuis que les Canaries sont devenues la seule destination hivernale. »

En effet, Egypte, Tunisie, Sahel, Sénégal, etc., ne justifient plus de desserte conséquente. Le Maroc et l’Algérie permettent une activité en milieu de semaine, et connaissent une grande amplitude de tarifs avec des pics élevés en haute saison.

Enfin, les niches sont exploitées, comme un vol hebdomadaire Bastia-Oujda l’été. A la fin de l’été prochain, Air Méditerranée prévoit de voler vers Djeddah pour le pèlerinage du Hajj, une activité historique (et très rentable) de la compagnie. Elle continue à alimenter en pèlerins Lourdes, aéroport où la compagnie était basée.

La flotte 2015 compte cinq avions chez Air Méditerranée et cinq chez Hermès, la filiale grecque.